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Hadopi : la mauvaise solution à un vrai problème !
Je réagis à un billet de mon ami Juan alias Sarkofrance ! En 4 points (en vrai 5, mais un est trop proche d’un autre, le second et le quatrième ) il donne son avis sur la loi Hadopi. Un avis à contre-courant de la blogosphère et avec un angle et des inquiétudes que je partage…
En reprenant les mêmes thématiques que lui et en réaction à son billet, voici ma maigre contribution !

1 : La loi serait liberticide !
Pardon mais je ne pige pas un truc, moi non plus, face à cet argument ! Est-ce le fait de faire une loi qui est liberticide ? Ou est-ce une liberté que de télécharger gratuitement (pirater donc) des oeuvres protégées ? Si Jacques Rosselin de Vendredi me lit, j’ai un message pour lui : « Ne paye plus les blogueurs anti-hadopi, le net pour eux doit être gratuit… et puis cela va à l’encontre de ta liberté ». Si l’on ne respecte pas le code de la route, on peut perdre son permis… J’apprends que la voiture serait moins nécessaire que l’internet ! Permettez moi de penser, au moins, que les deux le sont tout autant ! Si vous êtes contre Hadopi vous êtes necessairement contre le permis de conduire à point et les plaques d’immatriculations automobiles ? Qui vous dit que les radars ne sont pas capables de filmer et ainsi vous « tracker » ?
2 : La Licence globale est la solution !
C’est très tentant… mais ne résouds en aucun cas le gros problème que représenterait une répartition juste de cette « abonnement ». Qui va récuperer cet abonnement, qui va le redistribuer, combien vont coûter ces deux étapes etc. Combien donne t-on a Universal et combien àun Indépendant ? Le faisons-nous avec un critère de vente, de forfait ? Dans ce cas si je télécharge 99 titres d’un indé et 1 de chez Universal, 99% vont à l’indé ? Est ce un acces par IP ? Sans quoi je refile mes identifiants à tous mes potes ? Une bonne usine à gaz en vérité cette licence globale…
3 : La gratuité est inéductable…
Dans ce cas on a pas fini d’avoir de la merde à écouter…
Juan dit ceci :
Autre choix, on nous propose aussi le modèle Deezer. Certains amis producteurs indépendants, qui ne vendent pas de la musique à la tonne, vous expliqueront que Deezer est la killer-application qui flinguera la musique payante en ligne : gratuite, à la demande, et… avec une rémunération dérisoire pour ayant-droits. Qui dit mieux ?
+1 avec Juan, Deezer c’est comme la licence globale… la répartition est problématique et c’est les indépendants qui seront voués à disparaître à ce petit jeu…
4: Le cinéma serait trop cher !
Je crois que l’ordinateur a profondément modifié notre rapport à la vidéo en général et à la façon dont nous la consommons. Toutefois, le cinéma, par son offre plus réduite en quantité, a beaucoup plus de chances d’innover dans son domaine. De plus les films, ont beaucoup moins vocation a être consommer en situation de mobilité, regarder un film sur un écran d’iphone n’a pas de sens. Vous vous imaginez mettre une semaine à regarder un film uniquement durant vos temps de transport en commun ? En ce qui concerne les salles… je n’en suis pas un grand amateur, peut-être parce que j’ai fait le choix d’acquérir un projecteur vidéo en lieu et place d’un écran LCD (même prix) ! De ce fait, il m’est difficile de me prononcer sur le sujet !
Les solutions de VOD ont indéniablement, ont un vrai avenir que se soit par un navigateur sur son ordinateur ou par une box directement sur son écran de télévision…
Conclusion :
Ne nions pas le problème du piratage ! Ne le cachons pas non plus sous un amas de principes, tous aussi louables les uns que les autres… ! Le P2P a crée une habitude de consommation qui va bien au dela même de la gratuité : un accès unique via une seule interface à catalogue fournit et sans DRM. Au lieu de cela, il existe des dixaines de plateformes, aux formats différents, et bien incomplètes face aux solutions gratuites, même d’écoute (deezer, Musicme). L’industrie du disque n’a pas saisi la chance que l’industrie du cinéma dispose encore ( voir point 4 ) ! Elle va devoir muter en profondeur et trouver son modèle économique. Soyons sur que dans le monde libéral qui nous sommes, ils la trouveront !
J’évite soigneusement la question technique, non parce que je ne suis pas en mesure de la maîtriser, mais uniquement parce que cet echappatoir me semble un peu simple… et sous entends toujours la même chose : « Etre de libre de pirater et plus important que d’être rémunérer de son travail…même s’il s’agit d’un artiste ! »
Juan… je comprends ton malaise et je le partage !
ps : J’ai travaillé deux ans chez Sony Music




Une discussion vraiment intéressante est disponible ici sur justement cette idée qu’un nouveau modèle DOIT être mis en place… Je ne comprends pas qu’on me prenne pour un débile en me faisant payer le même prix une grosse bouse genre « Méga Compil 80″ et l’album de … (il est tard – un peu – je ne savais pas quoi dire, mettez celui qui vous fait danser…)Ce qui se font du fric veulent garder ce système, or c’est impossible, les gens refusent désormais de payer pour … du vent. La poudre aux yeux que constituait la nouveauté technologique Compact Disk est BIEN retombée, qu’ils se sortent les doigts pour proposer une distribution de la musique qui ne présuppose pas que je n’ai rien compris à ce que je faisais (en mettant 19euros dans un album de la Star Ac’ par exemple)
mai 14th, 2009 at 0 h 32 minJe pense sincerement qu’à force de sous-estimer les politiques nous nous laissons une foi de plus joliement enfumes :Hadopi est une loi pour laquelle ils se battent et risquent gros. Hadopi est donc une loi qui apporte une réponse a un problème. Toute la vrai question alors c’est :Quel est le vrai problème posé aux politique auquel Hadopi (ainsi que les lois qui la precedent et celles qui vont suivre) répond ?Le piratage ? nonLes revenus des artistes ? nonLe CA des majors ? non… Le controle de l’internet et de la transmission du savoir et de la libre communication ? OUIOh tiens bien voila je suis rassure : nos politiques sont pas si consOh tiens bien voila je suis mort de trouille : nous sommes vraiment tous des cons.
mai 14th, 2009 at 0 h 49 minLe probleme c’est que ce coup d’épée n’est pas dans l’eau vraiment dans l’eau. Maintenant de dialogue est passé d’une reflexion sur comment faire que la societe s’adapte a Internet a comment remunerer les artistes … ma femme est actrice realisatrice, et je suis moi meme ingenieur … je touche aux deux mondes et clairement ce qui nous pend au nez est bien plus grave (non acces a l’information contradictoire) que ce que l’on invite a craindre… comme a chaque fois (juifs, noirs, arabes, capitalistes, comunistes, science, religions, etc…)Le proces qui vient d’etre juge etait celui d’Internet et de la liberte d’expression (et meme d’opinion cf TF1) et les temoins a charge (malgres eux) les artistes et la culture….
mai 14th, 2009 at 1 h 07 minSi je comprends votre scénario… je ne suis pas encore a ce degrès de parano… mais en même je ne suis pas vraiment concerné ! Je ne télécharge pas sur les réseaux p2p (j’achete des 45tours encore) et je ne vis pas en France !
mai 14th, 2009 at 1 h 12 minmoi non plus sur ces 2 points. Je ne telecharge pas d’oeuvre piratees (j’ai pas trop le temps de voir quoi que ce soit) et Je vis a Los Angeles.Le paranoia est un sujet assez flou. Elle ne se mesure que relativement au niveau moyen de peur de son environement. Les americains etaient juges paranoiaques par le reste du monde pendant l’administration Bush … et c’etait ici ceux qui hurlaient a la manipulation par la peur pour permettre tortures et methodes expeditives qui etaient traites de parano par cette meme administration.Nous sommes tous paranos sur un sujet ou un autre tout depend de ce que notre milieu nous pousse a craindre ou a ne pas craindre. Parfois pour vous proteger (la mere qui dit a son enfant de ne pas jouer avec les rats), parfois pour vous controller (le patron ou le maitre qui vous montre le baton)…La societe evolue, le monde change et il en continuera ainsi at vitam eternam, a chaque etape, nous connaitrons des tentations d’autoritarisme comme l’humanite en a toujours connu.L’evolution de l’humanite c’est un peu le mouvement des plaques tectoniques : si on regarde a l’accelere c’est super fluide et continu, voir tres joli. Pourtant un tremblement de terre est un evenement plutot catastrophique. Mon point n’est pas d’empecher l’inexorable (la liberte d’expression reviendra comme a chaque fois un peu plus forte) mais d’eviter que l’evenement ne fasse trop de victimes.Ce n’est pas tout a fait de la parano il me semble…
mai 14th, 2009 at 1 h 33 minEt pour illustrer un peu plus mon propos :Il y a un peu plus d’une 15aine d’annees, si vous vouliez echanger vos idees ou reflexions comme vous le faites ici sur votre blog (dont j’apprecie la qualite en passant) quels etaient les moyens a votre disposition ? journaux, TV, minitel, soiree entre amis, ecrire un livre … tout cela demandait temps, argent, relations, moyens materiels etc… Depuis Internet et notament le Web2.0 (les blogs) il est beaucoup plus simple pour vous de communiquer et de decouvrir et d’echanger. La qualite ne change pas mais le controle du contenu a disparu. C’est a vous de proceder au traitement critique de ce que vous consommez ou produisez.Rappelons que la notion de « propriete intellectuelle » a ete mise en place il me semble pour proteger les createurs faces aux exploitants a une epoque necessaires car les moyen de produire et distribuer etaient complexes a mettre en oeuvre.Dans le meme temps (en contrepartie d’offrir cette protection aux createurs) ces memes exploitants se sont empresses de grossir et meme de prendre position de monopole dans certains domaines (par la meme negociant avec les ptits createurs l’abandon de leur propriete intellectuelle d’ailleur). Maintenant que ces moyens de production et distribution sont tellement plus souples, il se passe 2 choses :1 – les monopoles existant n’arrivent plus vraiment a justifier leur couts. 2 – les echanges d’information passent de moins en moins par des intermediaires uniques.Ce qui pose un reel probleme a la fois en terme « policier » (ou regarder en cas d’urgence ?) et economique (est-ce la fin de tout une industrie rendue caduque par le progres technique ?) L’internet par « design » a ete concu pour etre resistant a n’importe quel evenement localise (bombe nucleaire, filtrage par un etat totalitaire). Internet est par nature P2P (peer-to-peer) (au niveau materiel meme) pas de point central pas d’intermediaire unique la donnee est partout et doit pouvoir aller partout (il doit toujour exister un chemin pour aller de l’ordinateur A a l’ordinateur B).Comme outil a disposition de la recherche et de l’education ce fut un don du ciel. L’industrie Artistique n’en a pas profite et c’est logique : L’internet etant la pour assurer la transmission entre le producteur et le consomateur de l’information quel que soit le chemin qu’elle doive prendre (en gros l’acheminement n’avait plus de valeur ajoute), Internet declarait la guerre aux positions monopolistiques des intermediaires logistiques (en l’occurence : les majors). Ma crainte est que ce model « libre » de propagation de l’information ne soit remis en question petits bouts par petits bouts (oeuvres artistiques, articles, information, critique, temoignage, etc…) Aujourd’hui les nouveaux majors ce sont les FAI : 50 FAI en France dans les annees 90 … 4 seulement aujourd’hui …En gros, beaucoup moins de chemins disponibles a la propagation de l’information. Et comme par hazard, le passage de 50 a 4 s’est fait sous la bienveillance de l’autorite de regulation des Telecoms dont le role officiel etait d’ouvrir le marche !!!! incroyable non ?
mai 14th, 2009 at 3 h 15 minMerci de ce billet, Donatien, qui met bien le doigt sur les vrais enjeux de toutes cette histoire…
mai 15th, 2009 at 16 h 27 minÀ propos des alternatives à Hadopi et de ce qu’une approche non exclusivement répressive pourrait apporter, dans l’intérêt même des artistes… Je me permets de signaler un billet que j’avais publié le mois dernier, et la discussion qui avait suivi en commentaires avec un lecteur qui se posait le même genre de questions que Juan:
http://www.irenedelse.com/2009/04/24/de-la-licence-globale-a-la-contribution-creative/